La grenade sous toutes ses formes
La grenade est le fruit du grenadier (Punica granatum) de la famille des Lythracées.
Elle provient d’un domaine qui s’étend de l’Asie occidentale à l’Asie centrale.

 

Histoire

Les conditions pour les témoignages archéologiques concernant la grenade sont mauvaises puisque le fruit est la plupart du temps consommé frais et que la peau riche en eau éclate lorsqu’on la chauffe. Comme des expériences le montrent, seules les vieilles grenades à la peau relativement desséchée ont une chance de se fossiliser et d’arriver ainsi jusqu’à nous. On a retrouvé une grenade fossilisée dans des couches du début de l’âge du bronze dans le Tel es-Sa’idieh en Jordanie. À la fin de l’âge du bronze, on fabriquait à Chypre et en Égypte des récipients en verre colorés en forme de grenade. Le bateau Uluburun, retrouvé en Turquie près de Kas, contenait des amphores chypriotes avec plus de 1 000 graines de grenade. D’après les récipients, on peut le dater de la période du XIVe au XIIIe siècle av. J.-C. (SM IIIA2). Dans la tombe d’un haut fonctionnaire égyptien de l’époque de Ramsès IV, on a retrouvé des grenades comme offrandes funéraires. Dans le Tell Deir Alla jordanien dans la vallée du Jourdain, on a trouvé des grenades dans des couches de l’âge du fer. En Allemagne, la présence de grenades est archéologiquement prouvée dans la ville de Constance au Moyen Âge.

Description

Le fruit, en forme de pomme, passant avec le temps du vert au rouge orange, doit être considéré comme un cas limite de baie puisque la pulpe n’est pas charnue, mais elle n’est pas filandreuse non plus. Son diamètre peut atteindre 10 centimètres et elle est divisée par de nombreuses parois. Ainsi se forment des loges dans lesquelles se trouvent de nombreuses graines triangulaires mesurant jusqu’à 15 millimètres qui sont entourées d’une enveloppe (le sarcotest) translucide très juteuse de couleur rouge foncé à rose clair qui éclate à la moindre pression. En tout il y a à peu près 400 graines dans chaque fruit.

Les fruits ne continuent pas à mûrir après la cueillette, ils font partie des fruits non-climactériques.

Utilisation

Les fruits sont cueillis de septembre à décembre. La peau et le jus de la grenade servent depuis des siècles à teindre les tapis d’Orient. En cuisant les fruits, on obtient une encre noire comme jais. La peau de la grenade était utilisée en Inde pour teindre la laine dans des tons jaunes et noirs. Avec un extrait de la racine du grenadier, on peut produire des tons bleu foncé à l’aide d’une teinture de fer.

La racine, l’écorce et la peau bouillie étaient utilisées jusqu’au Moyen Âge comme vermifuge même contre les vers solitaires.

Le sirop de grenade, qui autrefois était fabriqué exclusivement à partir de grenades de l’île de la Grenade dans les Caraïbes, donne son goût fruité et sa couleur rouge au Tequila Sunrise et à plusieurs autres cocktails.

Les grenades et le jus obtenu en pressant les fruits entiers sont utilisés comme aliments dans le monde entier en particulier dans le bassin méditerranéen, au Proche-Orient, aux États-Unis, en Europe Méridionale et depuis quelques années en Europe Centrale et Septentrionale aussi.

À partir du jus, on peut obtenir par fermentation du vin de grenade exporté surtout par l’Arménie et Israël. Il ressemble aux vins de dessert sucrés ou aux vins du sud comme le Porto et le Sherry. Mais le jus est aussi fermenté dans des buts thérapeutiques. Car c’est surtout grâce à la fermentation par des micro-organismes vivants que la bioactivité et la biodisponibilité des polyphénols contenus dans la grenade sont accrues par une pré-digestion fermentatrice. La pulpe ou le jus de grenade sont utilisés dans la bonne cuisine pour agrémenter les plats de gibier ou de volaille ou dans les salades de fruits.

 

Christophe Gourgas lors de la récolte

 

L'atelier de production à Gallargues Le Montueux (30)

 

 

 

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